Arkemine
Archaeology
Une fouille d’archéologie préventive s’est déroulée du 20 mai 2013 au 21 juin 2013 au lieu-dit La Perrière - La Fuye (commune de Marigny-Marmande en Indre-et-Loire, chantier COSEA/LGV SEA), totalisant une emprise d’étude de 8500 m² avec... more
Une fouille d’archéologie préventive s’est déroulée du 20 mai 2013 au 21 juin 2013 au lieu-dit La Perrière - La Fuye (commune de Marigny-Marmande en Indre-et-Loire, chantier COSEA/LGV SEA), totalisant une emprise d’étude de 8500 m² avec un effectif moyen de dix personnes. Dans le cadre de cette mission, la société SARL ArkeMine a co-traité avec ArchéoLoire pour l’examen des vestiges protohistoriques. En effet, deux entités archéologiques, repérées lors du diagnostic ont été examinées. La première, localisée au nord-est de l’emprise archéologique, correspond à une aire d’ensilage protohistorique. Les silos, creusés dans le substrat calcaire, ont un profil piriforme avec, dans certains cas, un rétrécissement du goulot. De même, leur volume et leur profondeur apparaissent assez variables. Le mobilier céramique découvert dans ces silos appartient aux productions connues pour la période de La Tène.
Dans la partie ouest de la zone d’étude, se situent les vestiges d’un habitat rural auxquels un souterrain est associé. La particularité de cet établissement est qu’il est semi-excavé dans le substrat calcaire. Sont notamment creusés dans le socle rocheux, des trous de poteaux, des escaliers et un dispositif de sablière. On retient également la découverte, dans la partie nord de l’habitat, d’un four domestique de type four à pain taillé dans le calcaire. Ce dernier a par ailleurs été remis en état au moins une fois puisque la dernière sole utilisée est installée sur une sole antérieure. Le complexe du souterrain est, lui aussi, largement appréciable en raison de sa bonne conservation qui a permis d’observer divers aménagements taillés dans le calcaire (plusieurs niches, des feuillures, des trous de piquets, un puits de creusement, une banquette, etc…) et de discuter des différentes phases d’occupation qui se sont succédées. Le schéma de l’organisation de ce souterrain est comparable à ce qui est connu ailleurs en Touraine : galerie avec une salle refuge dont l’accès se fait par une chatière. On soulignera cependant son association directe avec l’habitat et sa réorganisation comme en témoigne, par exemple, l’aménagement d’un deuxième fossé délimitant l’emprise du souterrain à la surface. Le champ chronologique d’occupation de ce site est fixé par le mobilier céramique découvert qui correspond aux productions datées entre le Xe et le XIIIe siècle.
Dans la partie ouest de la zone d’étude, se situent les vestiges d’un habitat rural auxquels un souterrain est associé. La particularité de cet établissement est qu’il est semi-excavé dans le substrat calcaire. Sont notamment creusés dans le socle rocheux, des trous de poteaux, des escaliers et un dispositif de sablière. On retient également la découverte, dans la partie nord de l’habitat, d’un four domestique de type four à pain taillé dans le calcaire. Ce dernier a par ailleurs été remis en état au moins une fois puisque la dernière sole utilisée est installée sur une sole antérieure. Le complexe du souterrain est, lui aussi, largement appréciable en raison de sa bonne conservation qui a permis d’observer divers aménagements taillés dans le calcaire (plusieurs niches, des feuillures, des trous de piquets, un puits de creusement, une banquette, etc…) et de discuter des différentes phases d’occupation qui se sont succédées. Le schéma de l’organisation de ce souterrain est comparable à ce qui est connu ailleurs en Touraine : galerie avec une salle refuge dont l’accès se fait par une chatière. On soulignera cependant son association directe avec l’habitat et sa réorganisation comme en témoigne, par exemple, l’aménagement d’un deuxième fossé délimitant l’emprise du souterrain à la surface. Le champ chronologique d’occupation de ce site est fixé par le mobilier céramique découvert qui correspond aux productions datées entre le Xe et le XIIIe siècle.
Une étude du bâti du centre historique de Bastia a été réalisée préalablement à l'élaboration d'une zone de présomption de prescription archéologique de cette commune. Cette mission avait pour objectif de caractériser le bâti civil... more
Une étude du bâti du centre historique de Bastia a été réalisée préalablement à l'élaboration d'une zone de présomption de prescription archéologique de cette commune. Cette mission avait pour objectif de caractériser le bâti civil médiéval et moderne sur un échantillon de cent soixante-trois demeures qui sont situées entre le vieux port et les boulevards Gaudin et Paoli.
L'objectif de notre mission d'étude était de constituer un outil d'analyse scientifique permettant de caractériser le bâti civil médiéval et moderne afin d'aborder des problématiques relatives à :
- son évolution à travers l'histoire ;
- son développement morphologique ;
- et ses caractéristiques architecturales.
Pour ce faire, trois études intrinsèques ont été menées : documentaire, archéologique et cartographique. La conjugaison de ces trois méthodes d'investigation permet d'acquérir et d'accroître notre connaissance sur ce patrimoine ; elles sont ainsi un véritable outil de gestion patrimoniale qui au fil et à mesure des futures actions de terrain pourra être enrichi et complété permettant ainsi d'affiner notre vision de l'évolution morphologique et chronologique de la trame urbaine.
L'objectif de notre mission d'étude était de constituer un outil d'analyse scientifique permettant de caractériser le bâti civil médiéval et moderne afin d'aborder des problématiques relatives à :
- son évolution à travers l'histoire ;
- son développement morphologique ;
- et ses caractéristiques architecturales.
Pour ce faire, trois études intrinsèques ont été menées : documentaire, archéologique et cartographique. La conjugaison de ces trois méthodes d'investigation permet d'acquérir et d'accroître notre connaissance sur ce patrimoine ; elles sont ainsi un véritable outil de gestion patrimoniale qui au fil et à mesure des futures actions de terrain pourra être enrichi et complété permettant ainsi d'affiner notre vision de l'évolution morphologique et chronologique de la trame urbaine.
De manière générale, la quasi-totalité des ouvrages examinés, qu'ils soient de simples recherches ou de petites exploitations, ne semble avoir vu le jour que dans les années 1840-1850, pour s'achever en 1909. Ce soudain intérêt pour les... more
De manière générale, la quasi-totalité des ouvrages examinés, qu'ils soient de simples recherches ou de petites exploitations, ne semble avoir vu le jour que dans les années 1840-1850, pour s'achever en 1909. Ce soudain intérêt pour les gisements cuprifères de l'Île a été alimenté essentiellement par une méconnaissance géologique et métallogénique. Investisseurs, exploitants, et spéculateurs ne sont pas seuls responsables de ces espérances perdues. On peut aussi y inclure l'administration des mines, qui malgré ses compétences va induire les entrepreneurs en erreur en leur donnant de faux espoirs car ils ignorent encore certains détails de la géologie de l'île. En effet, si la dualité géologique de la Corse est connue dès le début du XIXe siècle, le mode de genèse des gisements de cuivre ne l'est pas. Les notions de charriage et de croûte océanique y sont encore méconnues. A fortiori, on ignore que cette croûte a été transformée, dilacérée, incorporée dans diverses nappes. Certes les ingénieurs ont bien noté l'association fréquente entre les minéralisations cuprifères et les terrains ophiolitiques, mais ils imaginent d'une part que les minéralisations s'enracinent en profondeur et d'autre part qu'elles ne peuvent se suivre en surface que sur de grandes distances. D'après P. Benoit, Ingénieur en Chef des mines, « Il existe en Corse une bande cuprifère d'une longueur assez considérable ou gît le minerai de cuivre dans des conditions tout à fait analogue à celles observées en Toscane… ». Par cette analogie avec le Monte Catini, certains ingénieurs vont avoir l'espoir que les indices de minéralisation déjà reconnus vont donner lieu à de grandes et riches exploitations en Corse. Dans les sources écrites et cartographiques du XIXe siècle, exploitants et ingénieurs du service des mines témoignent de la présence de travaux anciens à Castifao. En effet, des ouvrages sont qualifiés à plusieurs reprises de « travaux génois » sans qu'aucun argument ne soit avancé, et qu'aucune date ne soit précisée. En admettant que l'exploitation ait été réalisée pendant l'occupation Génoise, cette période de gestion politique de la Corse par la Sérénissime s'échelonne entre la fin du XIIIe et la fin du XVIIIe siècle. C'est néanmoins au cours de cette longue période chronologique que l'histoire des techniques évolue considérablement. La prospection des mines de Castifao s'est donc attachée à distinguer les travaux ouverts sans l'usage de la poudre, des travaux de reprises effectués à partir des années 1850. Lors de la prospection plusieurs secteurs issus de cette activité ancienne ont pu être explorés, étudiés et même sondés. Des recherches comme à Arazo ou Tascaracia mais aussi une zone d'exploitation au Ponte marque une activité modeste mais avérée d'une période ou les travaux étaient encore réalisés sans l'usage de la poudre. Les galeries de recherche peu dégradées par les reprises du XIXe siècle ont conservé une architecture caractéristique et des traces de pointerolle. Les vestiges du réseau du Ponte se situent à la cote + 326 m et les plus bas à la cote + 282 m au niveau de la rivière la Tartagine. Les travaux s'étendent sur 300 m de longueur, à flanc de coteau en rive droite. Nous n'avons pu visiter que la partie centrale de l'exploitation, les galerieses plus orientales et septentrionales (essentiellement des galeries de recherche) étant inaccessibles. L'architecture générale se caractérise par quelques chantiers étroits, initialement à ciel ouvert, pouvant atteindre plus de 15 m de hauteur. Ces chantiers sont prolongés par des galeries de recherche longeant une faille plus ou moins minéralisée. Cette dernière assez proche de la surface, où du minerai a été réellement exploité, ne dépasse pas 85 x 40 m pour une profondeur de 15 m. Ces galeries de recherche sont jalonnées par des galeries de recoupe. Une partie du réseau est aussi constituée d'ouvrages d'assistance (exhaure et aération).
En réponse à un projet d'étude archéologique portant sur quatre sites fortifiés (San Colombanu (Rogliano, Haute-Corse), Castellu di Motti (Luri, Haute-Corse), Castellu di Serravalle (Prato-di-Giovellina, Haute-Corse) et le Palazzu de... more
En réponse à un projet d'étude archéologique portant sur quatre sites fortifiés (San Colombanu (Rogliano, Haute-Corse), Castellu di Motti (Luri, Haute-Corse), Castellu di Serravalle (Prato-di-Giovellina, Haute-Corse) et le Palazzu de Sampiero (Santa Maria Sicchè, Corse-du-Sud), un récolement de l'ensemble de la documentation et une analyse de l'architecture des monuments ont été réalisés. Commanditée par les Services du Ministère de la Culture (Services Régional de l' Archéologie et des Monuments Historiques), cette étude avait pour finalité de déterminer les séquences chronologiques de l'évolution de ces sites en offrant en conclusion un diagnostic archéologique des vestiges. Dans le cadre limité de cette intervention, l'investigation de terrain devait permettre de réaliser l'enregistrement des informations essentielles à la compréhension de ces sites. Les observations stratigraphiques ont été facilitées par le bon état de conservation de ces vestiges puisque certaines élévations atteignent encore jusqu'à 10 m de hauteur. En revanche, on déplore la réalisation de certains travaux de restauration qui masquent ou parfois même, ont entièrement détruit les vestiges médiévaux. Le volet archéologique a consisté à réaliser des relevés topographiques, photogrammétriques, à examiner les relations stratigraphiques, et à analyser les mortiers (ou les matériaux de construction); autant d'outils d'analyse qui permettent de dresser les caractères généraux des sites. A l'exception du Palazzu de Sampiero, les trois castelli présentent de nombreuses affinités. Érigés à l'initiative de seigneurs, ils occupent le sommet de promontoire rocheux, limitant tout regroupement de l'habitat autour du château. Protégés par les pentes vertigineuses comme pour le Castellu di Motti ou par d'imposants remparts comme pour le Castellu de San Colombanu, les matériaux de constructions employés sont locaux et la source d'approvisionnement ne semble pas changer du moins pour les premières phases de construction. L'exemple du Castellu de Serravalle est intéressant dans la mesure où le travail de la pierre ne s'est pas limité aux chaînages d'angle. Le donjon qui s'élève à plus de 5 m de hauteur est bâti avec des blocs de calcaire qui sont simplement dégrossis ou taillés à la broche pointée. A l'inverse, la partie haute de la construction est appareillée au moyen de moellons de granite brut ou à peine dégrossis prélevés in situ. Un soin esthétique est également apporté aux ouvertures comme par exemple les meurtrières qui sont quelques-fois réalisées avec des blocs de calcaire. Après la première phase d'édification d'une tour et d'une enceinte, c'est à partir du XIIIe-XIVe siècle, que les castelli se présentent comme de véritables résidences seigneuriales. Alors que l'emprise défensive est élargie et renforcée, les castelli sont dotés de nouveaux bâtiments : citerne, salles de vie souvent aménagées sur deux niveaux, espaces de circulation etc. Les dispositifs défensifs sont amenés à évoluer durant le XVe et la première moitié du XVIe siècle avec l'adaptation architecturale de l'utilisation d'armes à feu. La particularité de ces fortifications, du moins pour les castelli de Motti et de San Colombanu, est d'avoir été occupé en continu du XIIe siècle jusqu'au XVIe siècle comme le renseigne la documentation ancienne. Parallèlement à ces sites, le Palazzu de Sampiero a également fait l'objet d'une étude. C'est en 1558, qu'une maison-forte dénommée Palazzu est érigée au lieu-dit Vicu. Représenté sur plusieurs iconographies du XIXe siècle, le bâtiment a subi plusieurs remaniements ayant toutefois peu affectés son dispositif d'ouverture par pont-levis à flèche. Cet élément de défense passive permet d'évoquer la présence d'un ancien fossé autour du Palazzu.
Document de présentation du colloque "20 ans d'archéologie en Corse" qui se déroulera du 9 au 11 novembre 2017 à Ajaccio, au Palais Fesch, fruit d'un partenariat entre la DRAC, l'Inrap, la Ville d'Ajaccio et la Collectivité territoriale... more
Document de présentation du colloque "20 ans d'archéologie en Corse" qui se déroulera du 9 au 11 novembre 2017 à Ajaccio, au Palais Fesch, fruit d'un partenariat entre la DRAC, l'Inrap, la Ville d'Ajaccio et la Collectivité territoriale de Corse.
Les fouilles ont été conduites à la fin de l’année 2014 par la société Arkemine à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) « Rue Saint-Denis, Rue du Port, Rue du Chemin Vert », au nord-ouest de la commune. Elles ont permis de révéler l’existence... more
Les fouilles ont été conduites à la fin de l’année 2014 par la société Arkemine à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) « Rue Saint-Denis, Rue du Port, Rue du Chemin Vert », au nord-ouest de la commune. Elles ont permis de révéler l’existence d’un atelier de bronzier d’ampleur majeure par le nombre d’objets produits et par leur diversité, soit un véritable centre de production datant du Bronze final IIb-IIIa (vers 1150-950 av J.-C.).
Situé dans la Plaine Saint-Denis, le site se trouve au sein de la plaine alluviale du ruisseau de Montfort, affluent asséché de la Seine. Près de 8200 m² ont été décapés, mettant au jour 139 faits archéologiques, principalement constitués de fosses, de taille et de forme variées, à l’exception de deux ensembles de trous de poteaux formant des bâtiments et quelques fossés. 69 % des structures ont été datées : un quart d’entre elles sont en lien avec une occupation historique (bas Moyen-âge, époques moderne et contemporaine), les trois quarts restants étant quasi-exclusivement liés à une occupation de la fin de l’âge du Bronze et/ou du début du Premier âge du Fer. Il faut mentionner que de nombreuses excavations subactuelles réalisées à la pelle mécanique ont perturbé parfois très profondément les niveaux archéologiques.
Les deux occupations principales s’agencent autour de deux concentrations de structures (locus 1, locus 2). Ces deux locus bien distincts spatialement, appartiennent à deux phases chronologiques : l’une se positionne à l’étape moyenne du Bronze final (Bronze final IIb-IIIa) (locus 2), l’autre au Bronze final IIIb - Hallstatt C (locus 1).
La première occupation (locus 2) est principalement constituée de plusieurs fosses volumineuses en lien avec une activité extractive. La nature du substrat contenant à la fois de l’argile et du sable, deux matériaux nécessaires dans la fabrication des moules, a certainement motivé l’installation à cet endroit. En effet, deux de ces fosses ont livré des restes en lien avec la métallurgie du bronze, dont d’abondants de moules en terre cuite, en position de rejet. Si les structures de fonte n’ont pu être retrouvées, divers déchets métalliques, des fragments de creusets, une possible tuyère, mais surtout plus de 10 kg de moules, témoignent d’une importante activité de fonte sur le site. À ce jour, aucun site en France n’a livré autant de fragments de moules. La bonne conservation de ces derniers a permis d’identifier une grande variété d’objets produits (épingles et bouterolles en grand nombre, une à deux épées, deux pointes de lance, des clous, une plaque à décor de cercles concentriques entre autres) et d’estimer à un minimum de 118 le nombre d’objets produits sur le site (moules bien identifiés) : ils font du site de la Rue du Port un véritable centre de production et de diffusion d’objets métalliques pour l’époque.
Un des apports majeurs de la fouille à la Rue du Port est la présence de plusieurs amas de fragments de moules, qui témoignent de plusieurs moments de fonte séparée dans le temps. Nous avons pu mettre en évidence la mise en œuvre de moules complexes destinés à réaliser des fontes en grappe. Celles-ci ont permis de produire des épingles mais également des clous. L’emploi de la fonte à la cire perdue est soupçonné sur le site.
Différentes analyses ont été menées à partir de ces découvertes : les analyses élémentaires de composition des résidus métalliques indiquent que les alliages, au Bronze final IIb-IIIa comportent un ajout de plomb à la base cuivre-étain. Il a été retrouvé un petit élément métallique constitué d’un alliage plomb-étain, qui pourrait être un indice de la manière dont les alliages ont été préparés, voire sous quelle forme la matière première pouvait éventuellement circuler. Par ailleurs, les analyses pétrographiques comparant la matrice des moules en terre cuite et les matériaux bruts prélevés sur le site montrent qu’à la fois le sable et l’argile, constitutifs du moule et sans doute extraits sur le site même, ont subi des traitements avant d’être employés dans le façonnage des moules (épuration, tamisage). L’examen des divers déchets de métallurgie retrouvés à la Rue du Port permet ainsi de proposer une restitution de la chaîne opératoire de production, en incluant les diverses opérations en amont de la fonte qui concernent spécifiquement l’élaboration des moules. Les vestiges à Aubervilliers ne livrent pas d’information sur les étapes ultérieures au décochage des moules. Les travaux de finition ne sont pas attestés, ou n’ont pas été reconnus (ils ne livrent en effet généralement que peu de traces).
Les structures d’habitation manquent cependant, puisque seule une construction sur poteaux matérialiserait un bâtiment éventuellement contemporain du fonctionnement de l’atelier. Pourtant, le mobilier, par ailleurs varié, témoigne en effet d’activités autres que métallurgiques, à caractère domestique. Le mobilier semble attester d’un certain statut du site par les quelques vaisselles fines, une perle en verre bleu provenant d’Italie, du mobilier métallique, un fragment de bracelet en lignite, qui ont été trouvés.
Le site d’Aubervilliers se positionne dans une zone de contact entre ces deux techno-complexes, Atlantique et Nord-Alpin, ce qui est reflété par une dichotomie entre des productions métalliques typiquement atlantiques (jusqu’à la composition du matériau avec ajout de plomb), influence culturelle que marque également la perle en verre bleu, et la céramique qui a livré des formes très caractéristiques du complexe Nord-Alpin.
Un siècle environ après l’abandon de cette zone, le site est réoccupé plus au nord (locus 1), à la transition Bronze final IIIb-Hallstatt C. À nouveau le substrat fait l’objet d’extraction, comme en atteste une large fosse polylobée. À cet endroit du site, le substrat est cependant différent et le matériau extrait ne semble pas employé pour la fabrication de moules de bronziers, bien qu’à nouveau une activité métallurgique soit menée : différents types de déchets, métalliques, moules, creusets attestent en effet de la proximité d’un atelier de production d’objet en bronze. Ces éléments apparaissent parmi des rejets détritiques de toute sorte (céramique, faunique, lithique) et vidanges de foyer. Tous ces éléments en position de rejet ne permettent cependant pas d’être plus précis sur cette installation, mais on peut certifier qu’il ne s’agit pas d’une pollution venant de l’atelier BF IIb-IIIa. Les analyses élémentaires de composition indiquent d’ailleurs une importante différence entre les alliages mis en œuvre dans le locus 1 par rapport au locus 2, indiquant un changement dans les matières premières. On constate donc que la vocation extractive et métallurgique fait curieusement écho à l’occupation de la phase précédente, bien qu’une importante discontinuité chronologique sépare ces deux locus.
Nous assistons ensuite à un important hiatus dans la mesure où aucune structure de l’âge du Fer (postérieurement au tout début du Premier fer), de la période gallo-romaine et du début du Moyen-Âge n’est attestée. C’est lors du bas Moyen-Âge (XIVe-XVe siècle), que l’emprise fouillée semble réinvestie, avec une présence liée à quelques volumineuses fosses (extraction de matériau à nouveau ?) principalement à l’est de la zone fouillée, qui est à mettre en lien les limites du village d’Aubervilliers. Quelques structures modernes et contemporaines enfin ont été découvertes à divers endroits de la zone de fouille.
Situé dans la Plaine Saint-Denis, le site se trouve au sein de la plaine alluviale du ruisseau de Montfort, affluent asséché de la Seine. Près de 8200 m² ont été décapés, mettant au jour 139 faits archéologiques, principalement constitués de fosses, de taille et de forme variées, à l’exception de deux ensembles de trous de poteaux formant des bâtiments et quelques fossés. 69 % des structures ont été datées : un quart d’entre elles sont en lien avec une occupation historique (bas Moyen-âge, époques moderne et contemporaine), les trois quarts restants étant quasi-exclusivement liés à une occupation de la fin de l’âge du Bronze et/ou du début du Premier âge du Fer. Il faut mentionner que de nombreuses excavations subactuelles réalisées à la pelle mécanique ont perturbé parfois très profondément les niveaux archéologiques.
Les deux occupations principales s’agencent autour de deux concentrations de structures (locus 1, locus 2). Ces deux locus bien distincts spatialement, appartiennent à deux phases chronologiques : l’une se positionne à l’étape moyenne du Bronze final (Bronze final IIb-IIIa) (locus 2), l’autre au Bronze final IIIb - Hallstatt C (locus 1).
La première occupation (locus 2) est principalement constituée de plusieurs fosses volumineuses en lien avec une activité extractive. La nature du substrat contenant à la fois de l’argile et du sable, deux matériaux nécessaires dans la fabrication des moules, a certainement motivé l’installation à cet endroit. En effet, deux de ces fosses ont livré des restes en lien avec la métallurgie du bronze, dont d’abondants de moules en terre cuite, en position de rejet. Si les structures de fonte n’ont pu être retrouvées, divers déchets métalliques, des fragments de creusets, une possible tuyère, mais surtout plus de 10 kg de moules, témoignent d’une importante activité de fonte sur le site. À ce jour, aucun site en France n’a livré autant de fragments de moules. La bonne conservation de ces derniers a permis d’identifier une grande variété d’objets produits (épingles et bouterolles en grand nombre, une à deux épées, deux pointes de lance, des clous, une plaque à décor de cercles concentriques entre autres) et d’estimer à un minimum de 118 le nombre d’objets produits sur le site (moules bien identifiés) : ils font du site de la Rue du Port un véritable centre de production et de diffusion d’objets métalliques pour l’époque.
Un des apports majeurs de la fouille à la Rue du Port est la présence de plusieurs amas de fragments de moules, qui témoignent de plusieurs moments de fonte séparée dans le temps. Nous avons pu mettre en évidence la mise en œuvre de moules complexes destinés à réaliser des fontes en grappe. Celles-ci ont permis de produire des épingles mais également des clous. L’emploi de la fonte à la cire perdue est soupçonné sur le site.
Différentes analyses ont été menées à partir de ces découvertes : les analyses élémentaires de composition des résidus métalliques indiquent que les alliages, au Bronze final IIb-IIIa comportent un ajout de plomb à la base cuivre-étain. Il a été retrouvé un petit élément métallique constitué d’un alliage plomb-étain, qui pourrait être un indice de la manière dont les alliages ont été préparés, voire sous quelle forme la matière première pouvait éventuellement circuler. Par ailleurs, les analyses pétrographiques comparant la matrice des moules en terre cuite et les matériaux bruts prélevés sur le site montrent qu’à la fois le sable et l’argile, constitutifs du moule et sans doute extraits sur le site même, ont subi des traitements avant d’être employés dans le façonnage des moules (épuration, tamisage). L’examen des divers déchets de métallurgie retrouvés à la Rue du Port permet ainsi de proposer une restitution de la chaîne opératoire de production, en incluant les diverses opérations en amont de la fonte qui concernent spécifiquement l’élaboration des moules. Les vestiges à Aubervilliers ne livrent pas d’information sur les étapes ultérieures au décochage des moules. Les travaux de finition ne sont pas attestés, ou n’ont pas été reconnus (ils ne livrent en effet généralement que peu de traces).
Les structures d’habitation manquent cependant, puisque seule une construction sur poteaux matérialiserait un bâtiment éventuellement contemporain du fonctionnement de l’atelier. Pourtant, le mobilier, par ailleurs varié, témoigne en effet d’activités autres que métallurgiques, à caractère domestique. Le mobilier semble attester d’un certain statut du site par les quelques vaisselles fines, une perle en verre bleu provenant d’Italie, du mobilier métallique, un fragment de bracelet en lignite, qui ont été trouvés.
Le site d’Aubervilliers se positionne dans une zone de contact entre ces deux techno-complexes, Atlantique et Nord-Alpin, ce qui est reflété par une dichotomie entre des productions métalliques typiquement atlantiques (jusqu’à la composition du matériau avec ajout de plomb), influence culturelle que marque également la perle en verre bleu, et la céramique qui a livré des formes très caractéristiques du complexe Nord-Alpin.
Un siècle environ après l’abandon de cette zone, le site est réoccupé plus au nord (locus 1), à la transition Bronze final IIIb-Hallstatt C. À nouveau le substrat fait l’objet d’extraction, comme en atteste une large fosse polylobée. À cet endroit du site, le substrat est cependant différent et le matériau extrait ne semble pas employé pour la fabrication de moules de bronziers, bien qu’à nouveau une activité métallurgique soit menée : différents types de déchets, métalliques, moules, creusets attestent en effet de la proximité d’un atelier de production d’objet en bronze. Ces éléments apparaissent parmi des rejets détritiques de toute sorte (céramique, faunique, lithique) et vidanges de foyer. Tous ces éléments en position de rejet ne permettent cependant pas d’être plus précis sur cette installation, mais on peut certifier qu’il ne s’agit pas d’une pollution venant de l’atelier BF IIb-IIIa. Les analyses élémentaires de composition indiquent d’ailleurs une importante différence entre les alliages mis en œuvre dans le locus 1 par rapport au locus 2, indiquant un changement dans les matières premières. On constate donc que la vocation extractive et métallurgique fait curieusement écho à l’occupation de la phase précédente, bien qu’une importante discontinuité chronologique sépare ces deux locus.
Nous assistons ensuite à un important hiatus dans la mesure où aucune structure de l’âge du Fer (postérieurement au tout début du Premier fer), de la période gallo-romaine et du début du Moyen-Âge n’est attestée. C’est lors du bas Moyen-Âge (XIVe-XVe siècle), que l’emprise fouillée semble réinvestie, avec une présence liée à quelques volumineuses fosses (extraction de matériau à nouveau ?) principalement à l’est de la zone fouillée, qui est à mettre en lien les limites du village d’Aubervilliers. Quelques structures modernes et contemporaines enfin ont été découvertes à divers endroits de la zone de fouille.
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